mercredi 19 juin 2019

Escapade gourmande en Chaudière-Appalaches


Auberge des Glacis, L'Islet

Une randonnée sur une piste cyclable en Chaudière Appalaches par une belle journée d’été, ça vous tente? Le circuit #7 d’une centaine de kilomètres débutant à Montmagny, ville côtière où un traversier peut aussi vous amener sur la portion insulaire du circuit de L’Isle-aux-Grues, constitue un très bon choix. Le circuit vous conduit notamment à Berthier-sur-Mer, St-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud et à L’Islet où vous pouvez faire une halte dans la très jolie et sympathique Auberge des Glacis. Cet ancien moulin converti en auberge est loti sur les rives de la petite rivière Tortue. C’est un relais gourmand et gastronomique faisant honneur aux produits des terroirs local et régional ainsi qu'aux vins et alcools du Québec. C’est aussi un havre de paix que nous avons découvert voilà une quinzaine d’années, où il fait bon de prendre une petite pause en déambulant dans ses sentiers pédestres. Voir le lien de notre compte Instagram : https://www.instagram.com/p/By5jhjfH1iw/

La petite rivière Tortue, L'Islet
L’aubergiste Nancy et son chef Olivier Raffestin ont remporté plusieurs prix touristiques, hôteliers et culinaires dont le très réputé prix Renaud Cyr en 2018. Durant l’été 2019, le Chef Olivier passe le flambeau à son ancien second Dave Carlos Bélanger qui s’est déjà distingué avec une deuxième place au concours provincial "Créatifs de l’érable" grâce à son plat d'esturgeon à l’érable. En plus d’un menu gastronomique offert en table d’hôte gourmande, le Chef propose la "Tablée des Producteurs" regroupant une trentaine de produits d'ici. Le chef Pascal Androdias, d'origine lyonnaise, le remplace depuis l'été 2020.
 
Sur le chemin du retour, vous pouvez emprunter la route 132 et vous arrêter dans les beaux villages la longeant et notamment à St-Vallier, en face de l’Île D’Orléans, où vous pouvez déguster un cornet de crème glacée et faire vos provisions à la Fromagerie du Terroir de Bellechasse. Également, les villages de St-Michel de Bellechasse et Beaumont valent le détour.

Suzanne savourant un cornet de crème glacée,
 Fromagerie du Terroir de Bellechasse, St-Vallier

mardi 4 juin 2019

Hunter Valley, le trésor vinicole caché de Sydney (en rediffusion)

L'Opéra de Sydney et un aperçu du quai circulaire (Circular Quay)

Notre périple consiste d’abord à visiter la superbe ville de Sydney et son secret vinicole bien gardé, la région magnifique de Hunter Valley. Après plus d'une semaine de découvertes urbaines et vinicoles, nous embarquons sur le navire de croisière « Explorer of the seas » de la compagnie Royal Caribbean en direction de Seattle, pour une croisière de 24 jours, avec escales dans des îles du Pacifique.

Sydney

Suzanne en face de l'opéra de Sydney
et du Darling Bridge
Quelle charmante ville Sydney, capitale de l’État de la Nouvelle-Galles du Sud (New South Whales). James Cook, explorateur britannique, n’avait certainement pas imaginé que cette ville deviendrait aussi jolie lorsqu'il a découvert la région en 1770. Sa population avoisine, avec son agglomération, les 5 millions de Sydnéens (ils se nomment eux-mêmes « Sydneyites »).  Elle est située sur les rives de la mer de Tasman (océan Pacifique) et constitue le centre économique et financier de l’Australie et de l’Océanie.  Que diriez-vous d’aller faire une petite trempette dans la mer en sortant du bureau? C’est une pratique courante à Sydney et notamment à la très courue « Bondi Beach ».

Suzanne sur le quai Darling Harbour
Cette ville regorge de sites et de quartiers remarquables. Sa célèbre maison de l’Opéra est un réel chef-d’œuvre artistique et architectural. Elle est juxtaposée au jardin royal botanique de Sydney qui est vraiment superbe et dont l’accès est gratuit. Situé tout près, Hyde Park est à voir pour ses nombreux hibiscus et oiseaux du paradis ainsi que son immense cathédrale St-Mary’s en bordure du parc. Le Darling Bridge en forme d’arc et la gare centrale sont des incontournables. Nous avons eu plusieurs coups de cœur pour les quartiers de Sydney, entre autres, The Rocks et son quai circulaire, le Darling Harbour avec sa marina et ses innombrables cafés, pubs et musées, le Chinatown et ses jardins et enfin le Kings Cross et ses petites rues paisibles. Également, nous avons beaucoup aimé déambuler dans les rues du centre-ville et notamment la rue piétonnière Pitt et les rues marchandes George, Market et King.

Anecdote

Les bars et pubs de Sydney affichent souvent complets le vendredi soir. En effet, les Sydnéens s’y donnent rendez-vous à la sortie du bureau pour déguster bière ou apéro. Quelle fut notre surprise après avoir réussi à se frayer un chemin de peine et de misère jusqu’au bar d’un pub du centre-ville et de se faire dire par le barman qu’on ne servait pas de bière pression durant le « happy hour » (5 à 7) mais uniquement de la bière en bouteille!  Nous avons pu constater par la suite que plusieurs Aussies (hommes et femmes de tout âge) préfèrent déguster leur bière en bouteille (sans verre).

Excursion à Hunter Valley

Avant de quitter le Québec, nous avions réservé, sur recommandation de l’excellent concierge de notre hôtel à Sydney, une excursion vinicole et gastronomique d’une journée dans une région peu connue des amateurs de vins québécois, Hunter Valley. Nous avons vraiment été impressionnés par cette excursion unique regroupant un maximum de 10  participants. Il s’agit de Gourmet Getaway Tours avec le chef Jimmy. Précisons d’abord que la région Hunter Valley est située à moins de deux heures de route au nord de Sydney (150 km).  Les premiers ceps de vignes de la vallée ont été plantés dans les années 1820.  Celle-ci est ainsi la plus vieille région viticole australienne. L’oenotourisme y est très développé avec plus de 150 vignobles produisant 2 millions de caisses par année. La vallée attire annuellement 3 millions de visiteurs. Le choix hôtelier et de restauration est très élaboré. On y retrouve aussi jardins et parcs, terrains de golf,  festivals de gastronomie et de vin, concerts d’opéra, de jazz, de blues ou de rock dans les vignobles, envolées en hélicoptères ou en montgolfières au-dessus des vignobles, cours et concours de cuisine, production artisanale (huile d’olive, fromage, bière, bijoux…).

Paysage bucolique de Hunter Valley
Géographiquement, la vallée est divisée en deux : Lower Valley au sud et Upper Valley au nord.  Celles-ci se subdivisent en six sous-régions dont Wollombi qui est la plus sudiste et la plus typique, Broke-Fordwitch, Lovedale où vous risquez de voir des kangourous broutant dans les champs avec des troupeaux de vaches ou de moutons (nous en avons vus plusieurs), Mount View aux paysages à couper le souffle et Pokolbin, le cœur de la vallée avec ses nombreux vignobles et attraits touristiques. Lower Valley regroupe les meilleurs vignobles et plus particulièrement à Pokolbin.


L’encépagement dans la vallée est principalement d’origine française. Son cépage phare est le sémillon (blanc) qui donne un vin délicieux, vif en jeunesse tout en étant fin, et qui se bonifie avec l’âge. Ses vins blancs à base de chardonnay sont aussi très bons ainsi que ceux élaborés avec les cépages viognier, gewurztraminer et sauvignon blanc, sans oublier le cépage blanc autochtone verdelho. Nous avons aussi adoré ses vins rouges à base de shiraz qui est le cépage rouge le plus populaire dans la vallée.  Ils produisent également d’excellents cabernet-sauvignon et merlot. Le millésime 2014 s’annonçait exceptionnel pour tous les vins de la vallée et même comme l’un des meilleurs du dernier siècle pour les vins rouges, certains le comparant aux millésimes légendaires de 1937, 1954 et 1965.

Le chef Jimmy au Sydney Fish Market 
Jimmy, un chef-cuisinier ayant décidé au cours des dernières années de lancer sa propre entreprise d’excursion gastronomique dans les vignobles de Hunter Valley, vient nous prendre à l’hôtel dès 7 heures le matin pour d’abord nous amener au réputé Sydney Fish Market. Ce marché de poissons est le deuxième plus important au monde (vente de 50 tonnes de 500 espèces de poissons et fruits de mer par jour) grâce notamment à son encan électronique quotidien.  Après l’achat de quelques poissons et fruits de mer qui seront apprêtés par Jimmy au cours de l’excursion, nous partons pique-niquer pour le petit-déjeuner sur les bords de la rivière Hawkesbury, près du parc aux reptiles. Au menu : fajitas aux champignons et épinards, fines crêpes chaudes servies avec fruits et sirop d’érable du Canada (Ontario) et enfin gâteau typique aux bananes, le tout arrosé d’un bon café. Ça commence bien une journée!

Nous reprenons la route en direction de Wollombi Wines, vignoble familial de taille modeste, où nous préparons nous-mêmes des sushis sous les judicieux conseils de Jimmy. Le vignoble nous offre de déguster un très bon mousseux rouge à base de shiraz, un rosé shiraz savoureux et légèrement épicé, deux vins blancs dont un sémillon qui accompagne à merveille les sushis, deux shiraz délicieux et enfin un vin de liqueur succulent. Nous aimons tous les vins qui sont très fruités. Notre préféré est le Shiraz Wollombi qui est élégant et épicé.

La route 33 (Wollombi road) et ses paysages entre Wollombi et Pokolbin sont verdoyants et bucoliques. Ceux-ci ressemblent étrangement à ceux des Cantons de l’Est près des frontières américaines avec leurs vallons et rangées d’arbres longeant la route. Prochain arrêt, Mount View Estate à Mount View. Ce vignoble est classé cinq étoiles par le très réputé chroniqueur vinicole James Halliday d’Australie. Nous goûtons en effet à de très beaux vins dont un sauvignon blanc 2015 avec du fromage, un vin très jeune, acidulé, qui devrait se bonifier au cours des années. Le deuxième vin est un Chardonnay Reserve 2014 bien beurré, coté 95 par James Halliday, servi avec asperges grillées à l’huile de truffe, superbe. Le troisième est un Merlot Réserve 2014 s’étant mérité la médaille d’or dans un concours vinicole australien, jumelé à des champignons gratinés, splendide. L’excellent Shiraz Réserve 2014 noté 95 par James Halliday, est bu avec du chorizo pour finir en beauté cette belle dégustation. Avant de quitter, on nous propose de déguster le vin de liqueur Flagship Shiraz, un beau vin épicé de type porto. La vue en plongée sur le vignoble et les montagnes environnantes est époustouflante.

Burger au kangourou,
Saddler's Creek Wines, Pokolbin
Après ces deux belles expériences gastronomiques et vinicoles, nous avions hâte de connaître la suite en espérant que ce soit aussi bon! Nous poursuivons donc notre trajet vers le village voisin Pokolbin, le cœur de la vallée. En fait, Jimmy et Saddler’s Creek Wines nous offriront le clou de la journée en matière de dégustation. Nous dégustons deux très bons sémillon, deux chardonnay remarquables dont l’excellent Réserve 2014 qui se mariait parfaitement avec le poisson blanc australien « barramundi », deux vins de type bordelais dont l’excellent Cabernet sauvignon Bluegrass 2014 et enfin deux shiraz exceptionnels. Les quatre vins rouges accompagnaient un mini-burger de kangourou et le mariage avec le shiraz de la série Ryan’s Reserve 2014 nous a impressionné. Ce dernier vin s’est révélé notre coup de coeur de la journée en rouge. Le meilleur reste néanmoins toujours à venir! Effectivement, nous  dégustons ensuite l’excellent NV Muscat Exclusif, un vin rouge de type porto servi avec une crème brûlée. Le jumelage avec cette dernière était exquis mais ce n'était pas encore la fin, on nous réservait la crème de la crème pour le dessert : le vin de vendanges tardives Botrytis Supreme, un sémillon fabuleux. Alors là, nous avons été plus que charmés par ce vin et l’amalgame extraordinaire avec la crème brûlée. Bref, un beau moment de dégustation.

Table de dégustation,
Saddler's Creek Wines, Pokolbin
Le propriétaire de Saddler’s Creek échangeait avec les membres du groupe lors de la dégustation en nous demandant nos commentaires sur chaque vin et chaque plat dégustés. Pour la dernière dégustation (Botrytis Supreme et crème brûlée), Jacques énonce un commentaire de son cru qui pourrait se traduire comme suit « ce vin est une vraie petite bombe olfactive et gustative (poire, abricot, caramel écossais et un soupçon de miel et d’épices), vin des plus raffiné, et qui pourrait se situer entre un Sauternes et un vin de glace canadien. Quel mariage exceptionnel avec la crème brûlée ».  James Halliday a donné la cote de cinq étoiles à ce vignoble magnifique.

Durant notre séjour à Sydney et lors de la traversée sur le bateau de croisière, nous avons pu déguster plusieurs vins australiens venant des autres régions du pays. Nos préférés quant aux vins d’entrée de gamme sont le cabernet sauvignon Rawson’s Retreat, le shiraz Eaglehawk Wolf Blass, le cabernet merlot Beaumont de Clare Valley, le shiraz Two Churchs de Barossa Valley et le shiraz Felix de Barossa Valley.  Pour les vins plus relevés, nos coups de cœur vont au cabernet sauvignon Phoenix, Penley Estate, Coonawarra, au grenache Old Bush Vine, Yalumba de Barossa Valley et enfin au shiraz The Lodge Hill, Jim Barry, de Clare Valley.  Nous avons aussi aimé les bières australiennes VB et Pure Blonde.

Notre expérience vinicole mémorable dans Hunter Valley nous aura permis de constater que les vins de cette vallée n’ont rien à envier à ceux des autres régions viticoles connues de l’Australie, et en l’occurrence Barossa, Clare Valley, Coonawarra et Margaret River.

Les îles du Pacifique

Coucher de soleil à Nouméa, Nouvelle-Calédonie
Notre croisière faisait escale en Nouvelle-Calédonie (Nouméa), au Vanuatu (Mystery Island et Port Vila), aux Îles Fidji (Suva) et à Hawaï, (Honolulu et Lahaina-Maui).  Nous avons été enchantés par la beauté de ces îles et particulièrement Hawaï où les paysages sont à couper le souffle. La Nouvelle-Calédonie est un territoire français détenant un statut particulier pour les départements outre-mer. Sa population est d’un peu plus de 300 000 Néo-Calédoniens. Leur bière Number One dégustée dans un bar de la Baie des citrons est succulente. L’île se préparait à fêter l’arrivée du chanteur français Johnny Hallyday le soir de notre passage.

Baie du Port Vila, Vanuatu
Mystery Island, d’une longueur d’un peu plus d’un kilomètre, est laissée à l’état sauvage (non habitée). On a parcouru ses sentiers et  ses rivages composés de sable blanc et de rochers volcaniques noirs. Nous avons assisté à une cérémonie traditionnelle de fabrication du kava, leur boisson nationale. Tout comme Mystery Island, la capitale Port Vila fait partie des 80 îles du Vanuatu et ses paysages à l’extérieur de la ville sont saisissants. On nous accueille chaleureusement au son de musiques traditionnelles ressemblant un peu à de la musique hawaïenne. On y parle surtout le bichelamar, l’anglais, un peu le français et une centaine d’autres langues et dialectes.

Le lendemain, nous sommes accueillis à Suva, capitale des 300 îles fidjiennes (Fiji en anglais) dont le tiers seulement est habité. Les gens croisés dans la rue nous disent "Bula, Bula" (allô, bonjour) et nous demandent s’ils peuvent nous aider. Le tour de ville et de sa région immédiate que nous prenons avec un chauffeur de taxi nous permet de découvrir le parc-jardin Thurston et, à l’extérieur de la ville, le très beau parc Rain Forest où la végétation est luxuriante et les paysages inoubliables.

Après avoir traversé la zone internationale du changement de date (« international date line ») au milieu du Pacifique, nous arrivons à Honolulu, capitale de l'état d'Hawaï. On se sent immédiatement en territoire américain avec sa pléiade de gratte-ciels et ses quartiers huppés. Plusieurs personnalités américaines connues habitent ces quartiers cossus. On nous avait suggéré de sortir de la ville et de voir la nature de l’île d'Oahu et nous ne l’avons pas regretté. Notre tour de l’île nous amène visiter l’intérieur (centre) du mystérieux cratère Diamond que l’on pénètre par un tunnel, la  merveilleuse Hanauma Bay, les plages Eternity et Waikiki où les surfeurs épatent la galerie, les montagnes aux falaises striées et enfin leurs multiples belvédères grandioses dont celui de la baie aux tortues.

Paysage saisissant sur l'île d'Oahu, près d'Honolulu
Nous resterons deux jours à Lahaina sur l’île enchanteresse de Mauï. Nous flânons dans les rues de cette belle petite ville ressemblant à s’y méprendre à certaines villes typiques de l’Ouest américain (western). Nous prenons le bus de la ville pour aller à la plage de Whalers Village, dans le chic quartier de Kaanapali. Nous goûterons à deux succulentes bières de dégustation, la Kona Waillua Wheat et la Mauï Brewing Seasonal Selection chez Captain Jack’s, avant de quitter cette île formidable.

La croisière s’est poursuivie en mer pendant six jours jusqu’à Seattle où nous séjournons seulement deux jours, en nous promettant toutefois d’y revenir.

Où dormir:
Hôtel The Grace, York St, Sydney

Où manger:
The Meat & Wine Co., Darling Harbour, Sydney
La table de l’hôtel CBD, King St, Sydney.

Texte et photos : Suzanne Cromp et Jacques Ouimet

P.S. : Le magazine Vins & Vignobles a publié en grande partie cet article en 2016.

Voir le lien d'une autre croisière en Australie : Coups de Coeur Vinicoles: Croisière en Australie et en Asie du Sud-Est

vendredi 17 mai 2019

Oenotourisme : Aux portes de l'Atlantique (en rediffusion)


Les falaises morcelées et érodées en bord de mer, Îles de la Madeleine

Nous avons décidé de voyager à l’intérieur du pays cette année et avons ainsi choisi les Îles de la Madeleine et les provinces maritimes. Après un séjour à Rimouski où nous avons assisté au Festijazz de cette charmante ville du Bas-St-Laurent, nous avons pris la direction de Moncton. Puis, nous nous sommes rendus à Souris, Île-du-Prince-Édouard, où nous attendait le traversier pour les très belles Îles de la Madeleine.  Au retour des Îles, nous avons fait un saut de puce à Charlottetown, capitale de l’Île-du-Prince-Édouard, et nous avons séjourné à Halifax afin de visiter cette superbe ville, capitale de la Nouvelle-Écosse, ainsi que les vignobles de la vallée d’Annapolis. Nous avons terminé ce beau voyage en Atlantique dans la région de Chaudière-Appalaches, après une brève halte à Saint-Andrews, Nouveau-Brunswick, et au lac Témiscouata, région du Bas-du-fleuve. Nous désirons partager nos coups de cœur de ce beau voyage, à saveurs vinicole et brassicole.

Rimouski est l’une des belles villes du Bas-du-Fleuve de par sa proximité avec la mer. Sa promenade de la mer d’une longueur de quatre kilomètres en met plein la vue et permet d’admirer l’Île Saint-Barnabé et ses nombreux oiseaux aquatiques, dont ses grands hérons bleus, ainsi que les paysages magnifiques du Bic. L’accueil chaleureux des Rimouskois est notable. Les bières de la microbrasserie Le Bien et le Malt sont vraiment savoureuses et notamment la rousse et la brune. Le vignoble Domaine du Lac de Saint-Mathieu-de-Rioux, entre Rivière-du-Loup et Rimouski, offre des vins délectables (ce vignoble a fermé ses portes en 2017). En roulant sur les routes 134 et 11 du Nouveau-Brunswick, entre Campbelton et Moncton, nous avons croisé plusieurs villages et villes bucoliques aux noms évocateurs : Dalhousie, Belledune, Petit-Rocher, Richibucto, Bouctouche et Shediac.

Moncton a beaucoup changé depuis notre séjour en résidence dans cette ville au début des années 1970 où Jacques étudiait, à l’époque, à l’Université de Moncton. Le centre-ville a été restauré avec brio et une autoroute ceinture maintenant la ville, en longeant le campus universitaire. Une piste cyclable traverse son centre-ville ainsi que ses espaces verts (parcs). Il faut goûter aux très bonnes bières de la microbrasserie The Pump House Brewery. Nous avons aimé la rousse Fire Chief Red et la noire Muddy River Stout, bières qui accompagnent très bien leur fish & chips : délicieux.
Le sud du Nouveau-Brunswick regroupe une douzaine de vignobles. Nous avons visité celui de la Côte Magnétique (Magnetic Hill Winery) de Moncton. Il élabore des vins de raisins et des vins de fruits, comme plusieurs autres vignobles néo-brunswickois. Curiosité chez ce vignoble, il a développé le vin blanc « Illusions » à base de rhubarbe. 
M. Zachary Everett, Magnetic Hill Winery, Moncton, N-B
Son propriétaire monsieur Zachary Everett qui parle très bien français et est très accueillant, nous expliquait que la majorité de sa production se compose de vin de rhubarbes. Ce vin qui a gagné des médailles d’or dans un concours vinicole en Atlantique en 2010, 2011 et 2012, nous a agréablement surpris avec un beau fruité d’agrumes (pamplemousse) au nez et en bouche ainsi qu’un goût acidulé rappelant quelque peu le sauvignon blanc, le tout avec une touche de sucre résiduel en finale. Nous avons aussi aimé son Mascaret, nom inspiré du phénomène des hautes marées de la baie de Fundy, un vin rouge fruité produit avec les cépages hybrides Marquette et Frontenac. Enfin, sa boisson à base de sève d’érable Chocolate River Maple, échantillon prélevé directement du fût, nous a charmés. Ce produit délicieux aux parfums d’érable, de vanille et de fumée et au goût de caramel et d’érable, est vieilli jusqu’à deux ans et demi dans des fûts de chêne ayant servi antérieurement à élever du whiskey bourbon. La production de cette boisson est particulière : elle est vieillie selon le procédé dit « SWISH ». Cette technique utilisée aux États-Unis selon monsieur Everett consiste à ouiller régulièrement les fûts avec de la boisson à base de sève d’érable non vieillie puis à rincer chaque baril, à la fin de la période de vieillissement de la boisson, avec un peu d’eau (ici l’eau est remplacée par de la boisson fermentée non-vieillie à base de sève d’érable); on fait rouler le baril contenant la boisson de rinçage afin d’en extraire le résidu des arômes et on la mélange avec la boisson vieillie.

D'autres falaises érodées, Îles de la Madeleine 
Nous nous rendons ensuite à Souris, Île-du-Prince-Édouard, en traversant le long pont de la Confédération (12,9 km), au-dessus du détroit de Northumberland, et montons à bord du traversier qui nous amène à Cap-aux-Meules, Îles de la Madeleine, en cinq heures. Le dépaysement est immédiat et total. L’archipel compte une douzaine d’îles et d’îlots dont les six plus importantes sont reliées entre elles par d’étroites dunes de sables. Ces dernières en forme d’un immense et mince croissant d’une longueur de 88 km, sont composées de sables, de vallons verdoyants et de très belles falaises, grises et rouges, sculptées par les vagues, la pluie et enfin le vent qui est très présent aux îles. L’érosion du sol (falaises) est nettement visible aux îles car le grès rouge des falaises est très friable. Nous visitons chacune des six îles principales et sommes éblouis par la beauté des paysages et par l’architecture traditionnelle de ses petites maisons multicolores. L’accueil très chaleureux des Madelinots est aussi à souligner. Il ne faut pas rater les circuits panoramiques indiqués sur les cartes touristiques et notamment ceux du Sentier du Littoral et de La Belle Anse de Cap-aux-Meules, celui du site historique La Grave de Havre-Aubert et celui du parc des Sillons (grottes et crevasses) de Havre-aux-Maisons.


Fromagerie du Pied-de-Vent,
Havre-aux-Maisons,
Îles de la Madeleine 
La microbrasserie À L’Abri de la Tempête de Cap-aux-Meules brasse des bières de grande qualité. En pression, nous avons aimé sa rousse Les Pas Perdus (ronde avec un soupçon de caramel et de malt grillé) et sa noire Grave (caramel, chocolat et café) alors qu’en bouteille, ses Belle Saison (notes d’herbes salées) et Corne de Brume (chocolat et café) sont excellentes. Sur la terrasse de la brasserie, nous avions une vue enivrante sur les dunes de sable de l’Étang à Ben. Nous avons appris sur place que le vignoble le Domaine des Salanges est en exploitation aux îles mais nous n’avons pas pu le visiter; un rendez-vous peut être pris sur le site web du vignoble. À Havre-aux-Maisons, nous avons eu un coup de cœur véritable pour le fromage de la fromagerie du Pied-de-Vent et pour les poissons fumés du Fumoir d’Antan.

Kiosque à homard, Souris, IPÉ
L’Île-du-Prince-Édouard, province où la constitution canadienne a été signée en 1867, s’apprêtait à célébrer fièrement le 150ième anniversaire du Canada en 2017. En effet, nous y avons vu un très grand nombre de drapeaux du Canada flottant un peu partout dans l’île. Nous avons adoré le homard (lobster roll ) dans un kiosque en bordure de route et aussi celui de la brasserie-pub Gahan House de Charlottetown.  Les bières Island Red Amber et Iron Horse Dark de cette brasserie-pub Gahan étaient savoureuses : caramélisées et bien équilibrées.


Le rocher de granite de Peggy's Cove, N-É
Nous sommes retournés dans une autre brasserie-pub Gahan, à Halifax, afin d’y déguster à nouveau ses bières. La restauration du centre-ville, du port (quais) et de la Citadelle d’Halifax est remarquable. La belle ville d’Halifax est située à une demi-heure de l’idyllique  village de pêcheurs de Peggy’s Cove dont le rivage est composé d’immenses blocs de granite plongeant dans la mer. Aussi, Halifax est à moins d’une heure de route de la magnifique vallée d’Annapolis qui regroupe la majorité de la vingtaine de vignobles néo-écossais. Cette vallée d’une longueur de 150 kilomètres longeant la Baie de Fundy est entourée de deux chaines de montagnes, ce qui crée un microclimat propice à la viticulture. La vallée vinicole est située entre Digby à l’ouest et le Bassin des Mines à l’est. On y retrouve, en l’occurrence, Port Royal et son lieu historique sur l’Acadie, Grand Pré et son site du Patrimoine mondial de l’UNESCO, Annapolis Royal et ses jardins historiques, et enfin Wolfville, joli village situé au cœur de la vallée vinicole.

En 2012, la nouvelle appellation « Tidal Bay » était créée et les premiers vins néo-écossais portant cette appellation étaient alors commercialisés. Essentiellement, celle-ci stipule que :
-         -  les vins doivent provenir des cépages autorisés dont l’Acadie blanc (selon Dr Astrid Friedrich de  Gaspereau vineyards, le cépage principal utilisé dans un tel vin doit représenter au moins 50% du produit fini);
-         -  le raisin doit être récolté exclusivement en Nouvelle-Écosse;
-         -  le taux alcoolique des vins ne doit pas excéder 11% en volume et;
-         -  les vins doivent subir avec succès un test de dégustation pour avoir droit à l’appellation.
De par la variété des cépages hybrides et la rigueur de leur climat, certains vins blancs néo-écossais ont une certaine ressemblance avec les vins québécois. Ils sont frais, vifs, aromatiques et se marient très bien avec les fruits de mer.  Quelques vignobles produisent aussi de bons vins à base de cépages vitis vinifera dont le pinot blanc et le pinot noir. Nous avons aimé les vins de Blomidon Estate, L’Acadie Vineyards, Jost Vineyards,  Mercador Vineyards, Gaspereau Vineyards, Domaine de Grand Pré et  Luckett Vineyards.

Nos vins blancs néo-écossais coups de coeur:
Filets sur les vignes,
Domaine de Grand Pré, N-É
Domaine de Grand Pré : le Champlain, un mousseux frais et vif élaboré selon la méthode traditionnelle, L'Acadie Blanc, un blanc fruité (pomme verte) et vanillé, le Tidal Bay à base en majorité d'acadie blanc et aussi de seyval blanc, un vin très fruité (limette) et légèrement vanillé et l'excellent cidre de glace Pomme d'Or, fin et caramélisé.
Gaspereau vineyards : L'Acadie Blanc, beau vin blanc vif et fruité (agrumes : pamplemousse et citron-lime), le riesling, un blanc minéral, acidulé et avec un peu de sucre résiduel, le Seyval Blanc, un blanc fin, fruité (pomme verte), vanillé et avec une touche de sucre résiduel et le Tidal Bay composé majoritairement de seyval blanc et aussi de vidal, de chardonnay et de muscat, un blanc vif, herbacé et vanillé dû au muscat.
Luckett Vineyards : le Tidal Bay Premier White dominé par l'acadie blanc et suivi du muscat et de l'ortega, un vin vif, acidulé, floral et fruité (pamplemousse). Le rouge Black Cab élaboré avec du cabernet sauvignon et du maréchal Foch est fruité (petits fruits noirs : mûres), tannique et vanillé.

ANECDOTE À CARACTÈRES HISTORIQUE ET CONTEMPORAIN
Site du Grand Pré, N-É 
Au Domaine de Grand Pré, nous avons eu accès au site GRAND PRÉ reconnu par le Patrimoine mondial de l’Unesco. Ce site unique constitue un exemple éloquent de l’esprit de créativité et de résilience des Acadiens. En effet, après le Grand Dérangement de 1755 (déportation de milliers d’Acadiens en Nouvelle-Angleterre, en Louisiane et en France dont à St-Pierre et Miquelon), certains Acadiens ont fui vers le Québec et d’autres se sont cachés dans les forêts et marécages de l’Acadie. Ces derniers ont construit au cours des années de vastes terres de cultures (prés) à l’aide d’aboiteaux (digues) dans des terrains marécageux, aboiteaux qui sont toujours fonctionnels aujourd’hui.
On a organisé une commémoration de cet exploit pendant l’été de 1955 pour en souligner le 200ième anniversaire à Moncton. Le comité organisateur a alors tenu un premier rassemblement qui a réuni plus de 5 000 personnes et que l’on nomma Le Grand Tintamarre. Ce dernier s’est répété durant l’été de 1979 en vue de célébrer le 375ième anniversaire de l’Acadie et s’est répandu depuis dans toute l’Acadie. Par ailleurs, notre serveuse de la microbrasserie de Moncton nous a raconté, dans un français un peu difficile (avec plusieurs mots en anglais) que ses parents acadiens ne communiquaient qu’en anglais à la maison (comme d’autres familles acadiennes à l’époque selon les dires de notre serveuse), dans le but de favoriser un meilleur avenir à leurs enfants! Elle a tout de même appris à se débrouiller en français grâce à ses grands-parents qui  lui parlaient uniquement dans cette langue. Si le français ne l’a pas eu facile en Acadie, la langue, elle, est toujours vivante.

Hôtel Algonquin, St-Andrews, N-B
Prochaine étape, le beau village huppé de Saint-Andrews dans la baie de Fundy. Auparavant, une brève halte s’impose à Hopewell Cape afin d’observer les rochers sculptés en forme de pots de fleurs géants en bordure de mer. Le chic hôtel Algonquin de St-Andrews vaut à lui seul le déplacement. L’architecture de style néo-tudor de cet hôtel-château légendaire est spectaculaire. Nous poursuivons notre beau voyage dans la région du lac Témiscouata. Outre les activités de plein-air qui peuvent y être pratiquées, cette région permet de découvrir deux excellents producteurs régionaux s’étant distingués avec différents prix aux échelons régional et national : la Fromagerie Le détour et particulièrement son fromage Magie de Madawaska ainsi que le Domaine Acer dont sa boisson apéritive à base de sève d’érable Charles-Aimé Robert. Si vous nous permettez le jeu de mots, les produits de ces deux producteurs régionaux valent amplement le détour.

Nous terminons notre périple à l’auberge des Glacis, l’Islet, région de Chaudière-Appalaches. Nous connaissons ce havre de paix depuis une quinzaine d’années, il s’agit d’un ancien moulin à farine érigé en pleine nature sur les bords de la rivière Tortue. Il a été converti en auberge et est maintenant membre du réseau Hôtellerie Champêtre (Origine). L’auberge s’est mérité plusieurs prix touristiques au cours des années dont trois en 2016 (hébergement, restauration et une mention pour son site web). Nous l’apprécions pour sa tranquillité et pour l’excellence de sa cuisine régionale d’inspiration française. Notre hôte, Nancy, est très sympathique et fière de sa région. Elle se fait un devoir de nous faire découvrir de nouveaux producteurs et de nouveaux produits du terroir. À titre d’exemple, la carte des vins offre plus d’une douzaine de vins et cidres québécois, sans parler des bières et des fromages locaux. Nos dernières découvertes : le vin Blanc de Lemay du vignoble La Charloise, Lotbinière, (vif, raffiné et fruité : pomme verte) et la bière La Barbe Bière (american red) de la microbrasserie Ras L’Bock de St-Jean-Port-Joli, une bière pleine, houblonnée, fruitée (framboise) et caramélisée.

En conclusion, on peut faire de belles découvertes vinicoles, brassicoles et gastronomiques  sans devoir se rendre au bout du monde. Également, nous avons beaucoup aimé les paysages fantastiques des Îles de la Madeleine et des provinces maritimes. Enfin, nous gardons un très bon souvenir des gens de cœur et de conviction que nous avons rencontrés et avec lesquels nous avons échangé sur leurs passions et leur coin de pays.

Où se loger : 
      -      Hôtel Rimouski, Rimouski, QC
      -      Hôtel Fairfield Inn, Moncton, N-B
      -      Hôtel BW Chocolate Lake, Halifax, N-É
      -      Hôtel Algonquin, St-Andrews, N-B
      -      Auberge des Glacis, l’Islet, QC

Où manger :
      -      Restaurant La Réserve, Rimouski, QC
      -      Bistrot 33, Moncton, N-B
      -      Restaurant La Moulière, Domaine du Vieux Couvent, Havre-aux-Maisons, QC
      -      Restaurant The Five Fishermen, Halifax, N-É
      -      Restaurant de l’Hôtel Algonquin, St-Andrews, N-B
      -      Restaurant de l’Auberge des Glacis, l’Islet, QC

Photos et textes : Suzanne et Jacques Ouimet.
La revue Vins & Vignobles a publié la quasi-intégralité de cet article en 2016.

lundi 29 avril 2019

Belles découvertes au Salon des vins & spiritueux de Québec

La princesse du vin allemand Klara Zehnder
Le Salon des vins & spiritueux de Québec qui a eu lieu la dernière fin de semaine d'avril permet de déguster quelques grands vins de maisons françaises, allemandes, australiennes, italiennes et d’ailleurs. Il permet aussi et surtout de découvrir des produits de producteurs moins connus mais des plus intéressants et emballants. Si l’Alsace et le Québec étaient bien représentés au salon, les vins allemands ne donnaient pas leur place dans cette 10ième édition 2019. Quelque 150 producteurs étaient présents avec 1 500 produits. L’Allemagne avait délégué nulle autre que sa princesse des vins allemands Klara Zehnder qui a ouvert le salon dans un très bon français. Les organisateurs du salon ont de plus choisi deux porte-parole très connus et appréciés des amateurs de vins et de spiritueux, la dynamique sommelière Jessica Harnois et Monsieur Cocktail lui-même, Patrice Plante.

Nous avons eu un réel coup de cœur pour les vins québécois qui ont droit, depuis l’automne dernier (2018), à la  dénomination IGP (Indication géographique protégée) visant à protéger l’authenticité et la spécificité du vin du Québec. Madame France Cliche du vignoble Le Mas des Patriotes, Saint-Jean-sur-le-Richelieu, nous a fait part de son enthousiasme pour ses vins tout en avouant que leur projet de vignoble est très prenant et exigeant. Un tel projet demande effectivement beaucoup de persévérance et de ténacité. Ses vins blancs sont réellement délicieux et particulièrement le Chaume pour son fruité et sa vivacité.
Monsieur Sébastien Daoust de Vignes des Bacchantes, Hemmingford, nous a vanté la qualité du cépage marquette de son vin rouge Cinquante. Nous avons été charmés, vraiment, par ce beau vin gouleyant, fruité et avec une légère note épicée. Les Vignes des Bacchantes est certainement l'un des vignobles québécois qui se démarquera dans l'avenir.
Les vins mousseux bios (biologiques et biodynamiques), élaborés dans le respect de l’environnement, du Domaine Bergeville, Hatley, nous ont également ravis pour leur finesse et vivacité. Un autre vignoble à suivre qui mérite une visite!
La Cidrerie Saint-Antoine qui produit d’excellents cidres bios nous a conquis. Nos deux coups de cœur : le cidre liquoreux Saint-Antoine 2016 (doux et fruité) et le Brise-Glace, Cuvée Prestige, 2016, ce dernier était tout simplement sublime avec le bloc de foie gras du Canard Goulu dégusté sur place. Un producteur qui mérite amplement une visite au cours de la semaine du cidre qui a lieu début mai ou encore durant la période estivale! Les vins du Québec IGP, ainsi que les cidres québécois, sont définitivement des dossiers à suivre de près au courant des prochaines années.




M. Riesling des vins allemands (voir le tatou sur son bras)

Comme les producteurs de vins québécois et d’Alsace, les producteurs de vins allemands ont eu la bonne idée de se réunir sous le même kiosque. C’était ainsi très agréable d’échanger avec son représentant, Monsieur Riesling en personne, tout en dégustant ses très bons vins. Nos trois coups de cœur : les Riesling Donnhoff 2017, Dreissigacker et particulièrement le # 3 de Rheingau qui était délectable avec des notes fruitées, épicées et légèrement beurrées.

Lola Bassereau, Château de la Grave, Côte de Bourg
Du côté français, si nous avons apprécié les Pineau des Charentes du Château de Beaulon, le vin 7 ans d’âge était exquis, nous avons eu un coup de coeur pour les vins du Château de la Grave, Côte de Bourg, Bordeaux. Lola, fille de Valérie et Philippe Bassereau, nous a expliqué qu’en plus d’élaborer de très bons vins, ce vignoble œuvre dans l’oenotourisme en offrant à sa clientèle des chambres d’hôtes logées dans ce noble château du XVIième  siècle. Nos deux vins préférés : Caractère 2015 et surtout Nectar 2014, 100% merlot pour ce dernier, tous deux de l’appellation Côte de Bourg.


Par ailleurs, les vins du producteur-négociant Paul Mas, du Pays d'Oc en France, sont toujours élaborés avec élégance et équilibre, dans le respect du terroir d'origine. Nos coups de coeur : le mousseux Le Berceau, vanillé et brioché, et le rosé Claude Val, un vin fin, frais et fruité.

Madame Nathalie Bonhomme, vinicultrice québécoise en Espagne

Pour les vins espagnols, nous avons aimé les vins de madame Nathalie Bonhomme rencontrée au salon. Cette Québécoise d’origine vit en Espagne depuis plusieurs années et exploite un vignoble dans la région de Castille-Léon (et aussi ailleurs en Espagne). Nos vins préférés : El Grand Bonhomme, Cuvée Especial, Tempranillo et Caminos del Bonhomme, Cabernet sauvignon. Madame Bonhomme commercialise également une excellente huile d’olive extra-vierge sous le nom El Bon Homme.

Deux vins blancs nous ont agréablement surpris : le Pinot grigio, Sant’Antimo DOC, 2018, de Col D’Orcia, Italie, vin bio dégageant un beau fruité (poire) et aussi des arômes floraux.  Également,  le Chardonnay Bread & Butter, Californie, 2017, de Sandrine Perry, était fort agréable au nez (vanillé, minéral et fruité) et en bouche pour son équilibre et son soupçon de beurre.

Pour terminer en beauté la visite du salon des vins de Québec, nous avons dégusté les excellents portos tawny de la maison Offley. M. Filipe Da Mota Neves, œnologue et ambassadeur des vins fins de Group Sogrape Vinhos (Ferreirinha et Offley), nous a convaincu de retourner voir Porto au cours des prochaines années. Les tawnys 10 ans et 20 ans sont rien de moins qu’exceptionnels.


mardi 23 avril 2019

De Rio de Janeiro à Lisbonne

La plage de Casablanca vue de notre hôtel du quartier Leme, Rio de Janeiro

Nous voulions voir le Brésil depuis quelques années. Nous avons déniché sur internet (Online Vacations) une croisière faisant la traversée de l’Atlantique de Rio de Janeiro, Brésil, à Lisbonne, Portugal. Cette croisière de 18 jours partait de Rio de Janeiro et faisait escale à Salvador de Bahia et à Recife au Brésil puis à Cape Verde au centre de l’océan. Elle faisait également une halte à Agadir et Casablanca au Maroc pour terminer son parcours à Lisbonne.

Le Brésil
Rio de Janeiro, capitale de l’État de Rio de Janeiro et mégapole de 6 millions d’habitants (que l’on nomme Cariocas), 12 millions avec le Grand Rio, est la deuxième ville en importance du Brésil, après la mégalopole Sâo Paulo. Elle est reconnue pour ses nombreuses plages idylliques dont Copacabana et Ipanema, la statue gigantesque du Christ rédempteur au sommet du mont Corcovado et aussi le mont du Pain de sucre (Pâo de Acurar), atteignable par téléphérique. Elle se distingue également par le quartier Cinelandia du centre-ville, le quartier historique de Santa Teresa à l’architecture d’inspiration française, les nombreuses favelas, la Forêt Tijuca et son célèbre jardin botanique et le très réputé carnaval de Rio. Ces attraits en font une ville unique et très prisée des touristes. Nous avons beaucoup aimé parcourir le quartier Santa Teresa dans le train local d’époque qui monte dans la montagne, où nous avions un panorama exceptionnel de Rio.
Coucher de soleil sur le Christ Rédempteur, Rio

Du toit de notre hôtel situé sur la plage de Copacabana dans le quartier Leme, nous avions une vue imprenable du Christ rédempteur au soleil couchant. Aussi, il est très agréable de déambuler dans le joli quartier Cinelandia pour son architecture moderne, ses rues et places animées. Nous avons apprécié les bières de soif Bohemia et Atlantica, particulièrement lorsque la température atteignait 38oC! Nous n’avons malheureusement pas pu déguster du vin brésilien (non disponible dans les marchés d’alimentation vendant du vin ni sur le navire!). Une réelle découverte du terroir local : l’eau-de-vie cachaca « Prata Sete Engenhos 7 » à base de canne à sucre, un digestif qui terminait en beauté l’excellent repas pris au Salomé Bistro, quartier Leme!





Une boutique du centre historique Pelourinho,
Salvador de Bahia



Salvador de Bahia est la capitale de l’État de Bahia et la troisième ville du Brésil avec une population de 3 millions d’habitants (plus de 4 millions avec sa périphérie). Le centre historique Pelourinho, reconnu par l’Unesco, vaut amplement le détour avec son palais baroque Rio Branco, sa cathédrale Basilica de Salvador, ses églises Convento Sao Francisco et Nossa Senhora do Rosario dos Pretos ainsi que ses places Largo do Pelourinho et Terreiro de Jesus. Il est très agréable aussi de flâner dans les rues marchandes Portas do Carmo, Maciel de Baixo et Maciel de Cima. Une troupe folklorique de Salvador nous a offert sur le navire un spectacle de chants et de danses (et danse-combat) : typiques et très énergiques. Entre Salvador de Bahia et Recife, le capitaine du bateau nous a annoncé au micro que la température extérieure et celle de l’eau étaient identiques, soit 30oC!!  
Recife, capitale de l’État du Pernambuco, est considérée la Venise du Brésil avec une population de près de 2 millions d’habitants (plus de 3,5 millions avec sa périphérie). Nous avons visité la vieille ville et apprécié la Casa da Cultura (artisanat local), le parc da Republica et ses palais ainsi que le quartier Santo Antonio où plusieurs rues et ruelles formaient un marché public à ciel ouvert. Enfin, nous avons aimé le quartier Bairro do Recife près du port et notamment sa rue marchande Bom Jesus ainsi que les plages du quartier Boa Viagem.

Cape Verde
Liqueur locale dégustée sur les dunes de sable,
Cape Verde
Après une brève halte à l’archipel rocheux Penedes de Sâo Pedro e Sâo Paulo, nous traversons  l’équateur puis arrivons à Mindelo, Cape Verde. Ce pays insulaire situé à plus de 400 km des côtes africaines est constitué d’un archipel d’une douzaine d’îles volcaniques. La population d’un demi-million d’habitants parle créole portugais. Nous avons fait une expédition qui nous a amenés au sommet de l’île qui offre en spectacle l’île dans toute sa splendeur et aussi  quelques autres îles environnantes. Nous y avons découvert l’excellente eau-de-vie grog « Aguardente Velha Alcane, Old Cape Vedeau » titrant 42% alc\vol et la liqueur « Ponche Alcane do Santo Antâo Island, 28% alc\vol, toutes deux à base de canne à sucre (et de mélasse pour la liqueur Ponche). On a assisté à un spectacle local de danse-combat ressemblant aux spectacles que nous avons vus dans les villes brésiliennes et sur le navire à Salvador.  On y a appris que le sable des dunes en bord de mer proviendrait du Sahara situé à près de 500 km! En effet, les vents violents des tempêtes de sable transportent ce sable très fin au-dessus de l’océan jusqu’à Cape Verde.

Le Maroc
Agadir, ville balnéaire de près de 500 000 habitants s’exprimant principalement en arabe et aussi en français, attire une clientèle touristique pour ses plages et son quartier Medina avec ses rues-marchés (souks) à ciel ouvert. On a fait une belle découverte vinicole, le vin « Muscat M17» de Celliers de Meknes : vin moelleux (fait à partir de raisins séchés sur pieds) se mariant bien avec un bloc de foie gras de canard.  

La promenade en bord de mer du quartier huppé
 La Corniche, Casablanca
Casablanca, capitale économique du Maroc, est la plus grande ville du Magreb avec une population de 3,3 millions d’habitants, 4,3 millions avec l’agglomération. On y parle surtout arabe et aussi français. On a aimé ses quartiers Medina avec ses rues-marchés à ciel ouvert dont un encan de tapis fortement animé, Habous et le Palais royal et enfin celui de La Corniche, quartier huppé très fréquenté pour ses plages Aïn Diab. La mosquée Hassan II est la troisième plus grande mosquée du monde musulman; son minaret d’une hauteur de 210 mètres est le plus élevé au monde. Enfin, notre coup de cœur vinicole de ce coin de pays, le vin rosé Cuvée du Président, Domaine Ouled Thaleb de Thalvin : vin fin, fruité (petits fruits rouges), vif et gouleyant. Idéal en apéro ou, encore mieux, avec du thon ahi.

Le Portugal et sa capitale Lisbonne
Terre-plein de la très jolie Avenida da Liberdade, Lisbonne
Quelle belle ville depuis qu’elle a été restaurée au cours de la dernière décennie. Malgré le fait qu’elle soit la capitale et la ville la plus importante du Portugal, Lisbonne se laisse visiter à pieds. Nous avons beaucoup aimé revoir la Place du Commerce dans le port ainsi que la Place Rossio et la très belle Avenida da Liberdade du centre-ville. La restauration de cette avenue célèbre, qui peut faire penser à l’Avenue des Champs-Élysées de Paris, est digne de mention. Nous nous promettons d’y retourner sous peu pour mieux goûter sa cuisine et ses vins. Nous en profiterons aussi pour revoir Sintra, ville de la monarchie portugaise en banlieue de Lisbonne, et Porto avec ses magnifiques vignobles situés en bordure du fleuve Douro.

Quelques mots sur le navire

La navire Pursuit d'Azamara Club Cruzes mesure 180 mètres et compte onze ponts. Il peut accueillir jusqu'à 700 voyageurs avec une capacité de 30 277 tonnes. La vie à bord n'est pas celle offerte par les géants des mers pouvant accueillir plus de 3 000 croisiéristes. Son offre de services est néanmoins très satisfaisante avec notamment une piscine, un spa et une salle d'exercice et de soins corporels, une salle de spectacle et de nombreux bars et restos. On peut le qualifier de 5 étoiles pour l'excellence de son accueil, du service de son personnel et de sa cuisine gastronomique. Le  choix des vins compris dans le forfait de la croisière est digne de mention. Enfin, Azamara vise surtout une clientèle adulte.


Où dormir à Rio : Windsor Leme Hotel, Atlantica Ave, quartier Leme, Rio
Où manger à Rio : Salomé Bistro, Atlantica Ave, quartier Leme , Rio et
Joaquina Bar & Restaurant, Atlantica Ave, quartier Leme, Rio.